Vive la vie associative
Ce matin, c’est jour de sport : vous emmenez votre enfant au club de football, qui est un peu le vôtre,puisque vous y êtes bénévole. Avec d’autres parents,vous discutez de cette annonce stupéfiante :la FIFA a créé un « prix de la paix » pour Donald Trump,dépité de ne pas avoir reçu le Nobel. Vous riez : la FIFA n’est donc plus neutre politiquement ? « Faut suivre l’argent » dit un autre. Un troisième rappelle l’histoire des Jeux olympiques de 1936 en pleine Allemagne nazie. Quelque chose vous titille dans cette discussion. Cette impression, pas nouvelle mais plus aigüe aujourd’hui, qu’on vous vole le plaisir du sport et qu’on salit le sens de votre engagement au sein du club de foot. D’ailleurs vous n’avez pas envie que votre enfant fasse carrière dans ce milieu. Ça vous énerve et vous attriste ! Dans le groupe, quelqu’un suggère d’écrire à la FIFA un courrier ironique avec des recommandations sur « les 14 meilleures manières de faire la courbette au sireTrump et autres tout puissants ». Et pourquoi pas au fond ? Séduit⋅e, vous vous mettez à écrire. Et là, vous commencez à entrer en résistance.
C’est pour cela que la liberté de s’associer est si précieuse,qu’il s’agisse d’un club sportif, d’une amicale, d’un comitéde quartier ou d’un syndicat.
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Pourtant, s’associer signife c'est s’enrichir humainement, échanger, s’entraider, débattre, agir et résister à ce qui nous parait injuste.C’est bien ce que menace le projet de loi du ministre de l’Intérieur MR Bernard Quintin, qui interdit administrativement « des associations ou groupements de fait constituant une menace grave et actuelle pour la sécurité nationale ou la pérennité de l’ordre démocratique et constitutionnel ».
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Heureusement, cette fin d’année a connu un nombreHeureusement, cette fin d’année a connu un nombreinédit de mouvements grèves et de mobilisations contredes politiques de droite austéritaires et autoritairesimposées par le Gouvernement Arizona. De quoi voussouhaiter pour 2026 une année riche en vie associative,en force syndicale et en créativité résistante.
Esperluette 126 octobre/novembre/décembre
Appel à nos lecteurs et nos lectrices
Aujourd'hui n'est pas un résumé de l'édito mais un appel à tous nos lecteurs et nos lectrices!
L'Esperluette est devenu, au fil des années, un espace de partage des expériences menées dans les formations ISCO et BAGIC, de relais des expérimentations menées en éducation populaire et en action collective mais aussi d'analyse d'activités développées par des animateurices dans leur région. Il a également pris sa place auprès des animateurices et formateurices d'adultes comme outil de travail et un lieu de valorisation de pratiques pédagogiques, le tout en lien avec les objectifs de participation collective, de justice sociale et d'égalité défendus par le MOC.
Aujourd'hui, nous avons besoin de votre aide pour imaginer L'Esperluette de demain, pour réfléchir à son contenu, pointer ce qui pourrait être amélioré et ce qui doit être conservé. A l'occasion de ce numéro, nous aimerions donc savoir ce que vous pensez de L'Esperluette et ce que vous suggérez pour son futur.
Pour cela, vous pouvez cliquer ce lien ici pour répondre à notre enquête ou utiliser le QR code ci-dessous! Cela ne vous prendra que quelques minutes.
Prendre le temps de ré-enchanter
Juin, le mois où l’on sent doucement arriver le début d’un parfum de vacances. «Ouf, il est temps ! » diront sans doute beaucoup d’entre nous. Enfin, un peu de temps pour prendre le temps… le temps d’aller plus lentement, de reprendre des contacts avec des ami·es, de bouquiner un peu, de prendre l’air, de jouer avec les enfants,…
Parce que le reste du temps, il faut bien le dire, on court. La vie professionnelle est le plus souvent l’axe central autour duquel s’articulent vaille que vaille les autres temps de la vie, à marche forcée, pour conduire les petit⋅es à l’école, faire les courses, passer la serpillère,prendre un rendez-vous médical, revoir les leçons, lancer les machines à laver, appeler la grand-mère, endosser un rôle de trader pour espérer trouver le meilleur contrat d’énergie, l’offre de téléphonie la plus intéressante, surfer sur les réseaux sociaux, etc.
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Quand on y pense, le temps que le marché nous capture va bien au-delà du temps de travail dévolu à la production. On devrait prendre le temps d’analyser cet art de capturer le temps des gens, de le détourner de l’essentiel, de ce qui fait sens, car temps et sens vont de pair. Un proverbe ne dit-il pas que «Le temps défait ce qui se fait sans lui ».
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Toutefois le processus de rationalisation découlant de cette conception le prive de ce qui en fait le sens : il n’y a plus de temps pour les relations, les pratiques démocratiques, la créativité. De plus, les symptômes de cette perte de sens sont connus : burns out, maladies professionnelles, dépressions… Sans compter que tout ce qui constitue le travail reproductif (santé, culture, éducation, soin…) sans lequel le capitalisme ne peut se développer et se perpétuer, n’a pas la moindre valeur. Il est urgent de (re)prendre le temps de réenchanter le travail et de lui rendre son sens.
