Esperluette127 page 0001  8 mars 2026,

journée internationale des droits des femmes.

Tout aurait commencé le 8 mars 1908, lorsque des travailleuses de l’industrie textile de New York se sont mises en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. De l’autre côté de l’Atlantique, en France,en 1955, un mythe se construit autour d’une manifestation de couturières un siècle auparavant, le 8 mars 1857. (...)

Ce bref historique rappelle que les conquêtes sociales sont le fruit de luttes anciennes et que la journée du 8 mars, issue des luttes féministes menées sur les continents américain et européen, est profondément ancrée dans le monde du travail et intimement liée à l’histoire ouvrière, notamment du textile. Aujourd’hui encore, l’industrie de la mode et de l’habillement demeure l’un des lieux les plus emblématiques des inégalités : chaines de production féminisées, salaires dérisoires, exposition aux dangers chimiques, absence de droits syndicaux… (...)

Ce numéro invite ainsi à regarder la mode non comme un sujet futile ou « typiquement féminin », mais comme un champ de pouvoir, un miroir social et un révélateur brutal de multiples inégalités à différents niveaux. Il met en lumière les rapports de pouvoir qu’elle entretient avec les corps, le travail, l’écologie et la planète, et nous invite à nous interroger : que voulons-nous ? Un système qui contrôle les corps, exploite les travailleur·ses et épuise la planète ? Ou un espace d’émancipation, de droits et de respect des limites du vivant ?

Esperluette 127 Janvier/Février/Mars